Exode vers la Paque du Christ

Chers frères et sœurs membres de notre XVIIe chapitre provincial,

        Nous clôturerons tout à l’heure notre Chapitre, qui aura été une semaine prière et de réflexion. Le sentiment qui nous anime en cette circonstance est celui de l’action de grâce, justement. Action de grâce pour la présence de Dieu à nos côtés pendant ces jours, pour son Esprit qui a certainement inspiré et guidé nos pensées, nos paroles et nos écrits, et qui sera aussi fidèle à féconder le travail de nos mains, pour la gloire de Dieu et le salut des jeunes. A cette action de grâce s’ajoute celle que je vous ai invités à partager avec moi, pour ouvrir officiellement aujourd’hui mon jubilé qui conjuguera jusqu’en aout 2020, mes 50 ans d’âge, 30 ans de profession religieuse salésienne, et 20 ans de sacerdoce. Je vous remercie tous, et je voudrais exprimer la même gratitude envers nos frères et sœurs de la Chorale « Maria Rosa Nsisim » (Marie Rose Mystique), venus partager cette action de grâce en nous aidant à chanter bien, donc à prier doublement. Merci !

        Cette action de grâce commence alors que nous venons d’apposer nos signatures à nos écoutes, nos interprétations et nos choix, à la lumière de ce que le Christ nous révèle aujourd’hui sur Lui, et aussi sur nous, comme apôtres, prophètes sentinelles, et pasteurs des jeunes. Le temps du Carême qui tire bientôt à sa fin est aussi cette aventure aux côtés de Jésus, Bon pasteur, qui embrasse avec courage sa Passion et sa Croix, pour nous apprendre à aimer jusqu’au bout. A une semaine du Dimanche de la Passion, à la veille de la commémoration de l’amour fou de Dieu pour l’humanité, nous pouvons, avec des yeux salésiens, regarder le parcours que nous venons de faire avec toute la communauté chrétienne, dimanche après dimanche. Essayons d’y entendre un parcours qui dicte la miséricorde et la pédagogie de Dieu, et trace les chemins de notre identité et de notre mission. Les dimanches de ce Carême nous ont plongés dans les thématiques des tentations, de l’urgence de la conversion, du pardon inconditionnel et aujourd’hui de la miséricorde qui surpasse le jugement et la punition. Les différents thèmes que nous venons d’aborder pendant ces jours nous ont justement questionnés par rapport à de nombreuses tentations auxquelles nous nous exposons, laïcs comme hommes et femmes consacrés, influencés par le monde dont nous provenons, qui nous entoure et nous bombarde de suggestions perceptibles et parfois subliminales. Ces tentations représentent un défi à la fois à notre vie spirituelle, notre vie de prière, notre passion pour les jeunes, et chacun des trois vœux, qui nous entrainent à contre-courant par rapport à nos désirs et aux réalités que ce monde fait miroiter devant nos yeux. Le dimanche de la transfiguration nous a rappelé l’exigence de changer et renouveler le visage de notre présence dans la sous-région et dans l’Eglise. Comme disait l’ancien Recteur majeur Don Pascual Chavez, reconfigurer notre présence et nos œuvres n’est pas un coup de maquillage, mais une véritable transfiguration pour faire briller à la fois le visage de Don Bosco, son charisme, chacune de nos vocations avec nos talents et ressources, notre réseau qui inclut la Famille salésienne et la Communauté éducative, et nos destinataires eux-mêmes dans leurs nouvelles pauvretés, dans leur génie, leur envie de vivre et de changer le monde. Pour cette transfiguration, il nous faut quelquefois redescendre du Thabor, renoncer à la nostalgie et aux illusions qui singent les véritables utopies. La Parabole du figuier nous redisait combien Dieu est patient, après chaque triennat où nous établissons des objectifs et des projets, les triennats de nos mandats, ou ceux de nos chapitres provinciaux. Il vient chercher du fruit, et quelquefois, il s’en va bredouille, mais toujours confiant qu’avec un peu de patience, de soin, de pardon, de conseil, d’accompagnement et de suivi, nous porterons les fruits pour lesquels nous avons été plantés, arrosés et entretenus. Au bout de 7 triennats, comme Vice-province, quels fruits déposons-nous entre les mains de Dieu, personnellement et en communautés locales et provinciales ? Quelles dispositions prenons-nous pour que le sursis que Dieu nous accorde, puisque son Fils intercède pour nous, nous rende plus féconds en termes de fidélité, de témoignage, de promotion humaine et d’accompagnement des jeunes vers la sainteté ?

La parabole de l’enfant prodigue, qui est en réalité une histoire de deux frères rivaux, égoïstes et incapables de se comporter à la fois comme fils par rapport au père, et comme frère par rapport à un prochain qui lui ressemblait plus qu’il ne le soupçonnait. Quel regard portons-nous sur nos confrères, sur nos collaborateurs et sur nos proches ? Nous arrive-t-il de renier notre appartenance commune en raison de l’avidité ou de la peur de partager ? Les distances et la diversité entre nous, en raison de l’étendue de notre territoire provincial ne risquent-elles pas de s’établir aussi comme adversité, rivalité, discrimination et exclusion ? Quand serons-nous capables de répéter à nos frères : « Tout ce qui est à moi est à toi » comme dans cette belle parabole ? Déjà dans cette histoire, nous avons appris un regard de miséricorde ; une miséricorde dont ont besoin nos communautés, nos paroisses, nos groupes et associations, nos collaborations avec l’Eglise locale, avec d’autres consacrés, et avec nos jeunes. Ce dernier dimanche vient enfoncer le clou décisif, en nous interdisant de jeter la pierre à celui ou celle qui s’est trompé, parce que nous ne sommes pas nous-mêmes des saints, et même si on l’était, un saint ne jetterait pas la pierre pour commettre un homicide, même au nom de la loi. Quel regard, encore une fois, portons-nous sur les confrères en difficulté, ou même qui ont failli à leur mission ? Combien de fois ne sommes-nous pas les premiers à rapporter les défauts et les torts de nos frères, quelquefois sans jamais leur en parler directement, à eux qui sont concernés ? Nous est-il possible de toujours nous dresser contre le mal, la corruption, l’impureté et le vice, les abus de toutes sortes, mais en croyant toujours en la dignité de la personne et en sa vocation à la sainteté ?

        Que le Seigneur, bon pasteur, nous donne un peu de son cœur, afin que nous vivions la miséricorde comme pédagogie à l’école du Christ et de Don Bosco. Que face aux fragilités qui peuvent se manifester en nous et en nos frères et sœurs, nous cessions de condamner pour apprendre à corriger et conseiller, et que nos doigts pointés pour juger servent uniquement et toujours plutôt à montrer le chemin, et à encourager l’autre, confrère, consœur, collaborateur ou jeune, avec fermeté et avec confiance et amour comme le Christ : « Va, et ne pèche plus ! ».

                Amen !

Espagnol = CP7 ATE 2019 - HOMILÍA DE LA MISA DE CLAUSURA (CP7-ATE)

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